Petite, j'avais une spiritualité innée qui me laissait en harmonie avec tout ce qui est. Et puis est venue avec l'age, la découverte des religions, spiritualités et dogmes
humains. J'oscillais dès lors entre Déesse païenne et Dieu compatissant et sauveur chrétien, étant attirée par les deux, revenant sans cesse à l'un ou l'autre dès lors que j'en délaissais
un, me sentant en déséquilibre. Vivre la Déesse m'apportait une harmonie avec la nature, la terre, la Mère, mais il me manquait un petit quelque chose de céleste. Vivre Jésus m'apportait une
espérance, une foi, mais il me manquait la terre, la vie ici bas, aujourd'hui.
Je me demandais comment je pouvais avoir foi en le Christiannisme alors que cela semblait si peu compatible avec la Déesse.
Je me suis demandée ce qui me faisait tant aller vers un Christiannisme un peu sec, et je me suis aperçue que la peur guidait mes pas. Peur des esprits, de la possession, de la perte de contrôle,
peur de la vie ici bas, peur de l'inconnu, besoin de me reposer sur une foi et une espérance concrète. Face à ces constatations je me suis dit qu'une démarche spirituelle ne pouvait être guidée
et motivée par la peur.
J'ai mis la peur de côté et ai lâché prise avec mes dogmes, j'ai placé mon esprit dans le désert durant un certain temps, laissant mes idées et questions filer comme le vent. J'ai fini par me
sentir relativement en paix même si les questions persistaient, et mon esprit a fini par se poser comme au dessus de ces questions, au dessus d'un culte à la Déesse, au dessus du Christannisme en
tant que tel, perçant un des mystères de la Création qui me fit rendre compte que rien de ce qui pousse à l'évolution, à l'achèvement de la croissance de l'homme n'est mauvais ou contraire à une
sorte de "loi".
J'acquis aussi une certaine confiance quant à mon initiation par le "souffle du vent". Longtemps je me suis triturée les méninges sur les initiations, les ordres religieux ou mystiques, me
sentant à côté ou privée du chemin spirituel parce que je n'avais pas été initiée à une tradition précise. Mais ces traditions, même si elles peuvent faire grandir l'homme, sont des créations, de
même que leurs égrégores, et la plupart du Vingtième siècle, souvent héritières de la Franc-Maçonnerie qui pour le moment ne m'inspire rien. Evidemment si le but d'un pélerin est d'aller vers une
tradition précise il doit en passer par l'initiation à celle-ci, il doit apprendre les rituels liés à l'égrégore de la tradition, mais quelqu'un qui va vers un "absolu", peut se laisser guider
par le "vent". Les traditions, initiations sont un chemin, un chemin qui existe, un chemin valable et utile pour beaucoup, et beaucoup qui l'ont emprunté le dépassent car par leur initiation ils
ont appris qu'il y avait autre chose et plus.
J'ai la conviction après avoir testé différents dogmes, avoir été "initiée" à certains, que celui qui cherche sincèrement est sur la bonne voie et que son chemin le mènera tout autant à la
"lumière" que les chemins dogmatiques.
Le pélerin qui va à Compostelle suit une voie, un chemin vers le Saint. En cours de route il fait des étapes plus ou moins longues, rencontre des gens. D'autres choisissent de faire le chemin en
groupes, groupes venant de telle ou telle Eglise, mais au final, tous sont sur le chemin, et tous ont possibilité d'arriver au lieu saint.
Je me sents reposée de ne plus me demander si je devrais suivre le dogme de l'Eglise Réformée, ou si je devrais me dévouer à une Déesse païenne. Comme le disait un slogan de série télé: "la
vérité est ailleurs", peut-être pas ailleurs mais en tous cas pas cloisonnée dans l'un ou l'autre.